LA CONJONCTURE
DES TRANSPORTS EN PICARDIE
4ème trimestre 2007
La
loi du 11 février 2005 insiste sur la nécessité de rendre accessible toute la
chaîne des déplacements : cadre bâti, transports, voirie et espaces publics, logements...
Plusieurs décrets et arrêtés sont venus compléter la loi ou la préciser pour
guider les communes et leurs services techniques. Comme Paris ne s'est pas
construit en un jour, l'accessibilité se construit au fur et à mesure de la
mise en service de voies nouvelles, de travaux d'aménagement ou de réfection.
L'accessibilité est un réflexe à acquérir pour tous.
Toutes
les communes doivent établir un plan de mise en accessibilité de la voirie
et des espaces publics pour décembre 2009.
Sans
être un spécialiste des textes et normes en vigueur, chacun peut s'exercer à
repérer dans son univers quotidien les améliorations possibles pour rendre le
cheminement plus facile ou plus agréable pour les personnes à mobilité réduite.
C'est souvent une question de bon sens pratique, puis de réflexion plus
générale sur la place que l'on accorde à chaque usager dans la commune.
Comme
on devient forgeron en forgeant, on acquiert le réflexe accessibilité en
s'exerçant à mettre en œuvre des itinéraires « accessibles ».

Imprimerie Nanterre MEDAD/DGPA
Les
trois rues principales d'une commune de 3000 habitants ont été observées pour
identifier les obstacles au cheminement d'une personne à mobilité réduite
(utilisateur de fauteuil roulant, malvoyant, personnes âgées...).
Une grande place a été donnée à la circulation
automobile et à son stationnement, privant ansi les piétons et les PMR d'une
continuité du cheminement. Le centre ville ancien dont la rue principale relie
deux autres bourgades de 10 et 12 000 habitants supporte aux heures d'affluence
un trafic « alterné » dans des rues étroites offrant par endroit des
largeurs de trottoirs de 40 à 60 cm, un mobilier urbain permanent ou temporaire
venant parfois encombrer l'espace. Le trottoir a parfois été supprimé au profit
du stationnement automobile.
Les places de stationnement réservées aux PMR ont
été réparties aux endroits stratégiques : mairie, espace médical, Poste, ...
avec des dimensions prenant en compte l'espace nécessaire pour manœuvrer en
fauteuil autour du véhicule. L'accès aux traversées depuis ces places et la
signalisation restent à améliorer.
Les traversées n'ont pas intégré l'accessibilité :
ni abaissé de trottoir, ni bande d'éveil. L'accès à de nombreux commerces
s'effectue par le biais d'une marche largement supérieure à 2 cm.
Ce premier regard « néophyte » sur
l'accessibilité d'une commune permet de prendre conscience du parcours à
effectuer pour mettre en œuvre l'accessibilité sur la voirie et les espaces
publics.
La loi d'orientation sur
les transports intérieur (LOTI) de 1982 attribue la compétence des transports
locaux aux autorités organisatrices responsables des communes et des périmètres
de transport urbain qui peuvent assurer elles-mêmes la fourniture des services
de transport ou la confier à un concessionnaire.
Le financement des
transports est assuré par les recettes commerciales, les subventions publiques
et le versement transport. Ce dernier est une taxe prélevée sur les entreprises
de plus de 9 salariés à l'intérieur d'un PTU de plus de 10 000 habitants.
L'assiette est constituée de l'ensemble des salaires bruts. Selon les réseaux,
le versement transport couvre de 20 à 100 % du fonctionnement du service de
transport. Les cas exceptionnels où le VT couvre 100 % des dépenses
correspondent aux agglomérations qui ont un TCSP en projet dont les travaux
doivent commencer dans les 5 ans à compter de l'année d'augmentation du VT
au-delà de 1 %.
Hors Ile de france, le VT
est plafonné à :
·
0,55
% pour les PTU de 10 000 à 100 000 habitants
·
1
% pour les PTU de plus de 100 000 habitants sans TCSP
·
à
1,75 % pour les PTU de plus de 100 000 habitants avec TCSP.
En Picardie en 2006, 16 AOTU aux situations contrastées
Amiens Métropole est la
seule AO de plus de 100 000 habitants. Elle fait partie des 5 communautés
d'agglomération qui dépassent 50 000 habitants et qui sont constituées d'office
en AOT : Beauvais, Compiègne,Saint-Quentin et Soissons. Le PTU des
agglomérations s'étend avec l'extension du périmètre de l'EPCI. Soissons, en
regroupant la communauté d'agglomération et 3 communes périphériques s'est
constitué en syndicat mixte.
La communauté de communes
de Creil, en dépit de ses 70 000 habitants n'a pas intégré une intercommunalité
aussi complète.
Les communautés de communes
de l'Abbevillois, Château-Thierry, Chauny, et Laon ont demandé au préfet de
fixer
leur PTU par arrêté après
avis du conseil général. Leur population varie de 18 000 à 37 000 habitants.
Ces 4 communautés de communes avaient confié leur compétence transport à un
syndicat intercommunal. Aujourd'hui, la communauté de communes de l'Abbevillois
a repris sa compétence transport.
5
AOTU de l'Oise ont un périmètre limité à la commune : Chantilly, Crépy en
Valois (où le transport est assuré en régie), Liancourt, Pont Ste Maxence et
Senlis.

Le tableau ci-dessus donne
au 1er janvier 2006, la population, la surface et la densité des PTU picards.
La densité la plus élevée, gage de bonne utilisation d'un transport collectif,
est relevée à Creil 1 992 habitants au km² où la surface du PTU avec 34 km²
reste limitée comparée à Amiens qui avec une surface de PTU de 263 km² atteint
une densité de 659 hab/km².

Une analyse comparée des
caractéristiques des réseaux TC
L'ORT
interroge chaque année les AO sur les résultats annuels de leur transport
collectif. Sur les 10 AO qui répondent régulièrement, l'observatoire s'est
essayé à analyser leurs caractéristiques.
Avec 5 informations, différents
indicateurs permettent de caractériser les réseaux.
Le maillage du PTU (longueur du réseau divisée par la superficie du PTU) donne une indication sur l'offre de base et montre comment les AO se sont organisées pour desservir leur territoire. Toutes les communes d'une communauté d'agglomération ne sont pas systématiquement desservies dès leur intégration dans le périmètre de transport urbain. C'est le cas de l'ARC qui est passé d'un périmètre de 1 à 14 communes en 2004.

La densité (nb d'habitants divisé par la superficie du PTU) indique la clientèle potentielle. Plus la densité est forte, plus les lignes sont susceptibles d'être utilisées. Le cas de Creil qui rassemble près de 70 000 habitants sur 34 km²reste exceptionnel. La densité des AO aurait tendance à faiblir du fait des nouvelles communes intégrant les PTU.

Le nombre de
kilomètres parcourus par habitant du PTU rapporte l'offre à la population.

L'offre de Laon est confortée par le POMA qui relie la ville basse à la ville haute sur 1,5 km et propose un départ toutes les 5 mn de 7 h à 20 h 6 jours sur 7.
Le nombre de voyages par habitant du PTU donne un taux de mobilité en Transport Collectif. En cas de correspondance, un déplacement compte pour 2 voyages.
La gratuité des transports urbains de Compiègne peut-elle expliquer le nombre de 86 voyages annuels par habitant du PTU pour l'ARC ?

Le nombre de voyages divisé par le nombre de kilomètres parcourus indique la fréquentation du réseau.
A l'exception de Compiègne qui obtient 6 voyages par km, les autres AO affichent 2 à 3 voyages par km, Château Thierry et Chauny se cantonnant à 1 voyage par km.

L'intervalle théorique de passage indique la fréquence du service. Cet intervalle est calculé en minutes. Plus il est faible, meilleure est la fréquence de passage et c'est Creil qui obtient le meilleur résultat avec un passage toutes les 40 mn sur l'année.


Le 4ème trimestre 2007 enregistre une hausse de 16 % de l'activité par rapport au trimestre précédent. Avec 1,2 million de tonnes transportées le niveau d'activité est très proche de celui du 4ème trimestre 2006. Sur 12 mois, le recul est de 5 % soit 4,4, millions de tonnes contre 4,6 en 2006..
Comme les trimestres précédents, les matériaux de construction constituent la presque totalité des 380 000 t de flux internes.
Les échanges s’établissent à 436 000 t, les sorties représentant 65 % de l’activité.
Par type de produits, on remarque une stabilité en tonnage avec le 2ème trimestre, en expéditions comme en arrivages.
Les tonnages traités en
international s’établissent autour de 427 000 t dont 57 % à l'export.
Sur 12 mois, la hausse de 6 % est imputable aux exportations comme aux importation avec une dégradation plus forte sur les importations.

Le volume transporté par Fret SNCF perd 12 % par rapport au
4ème trimestre 2006.
Le tonnage Fret
SNCF sur la Picardie, au 4ème trimestre 2007, enregistre un recul de 7 %
comparé à la même période de l'année 2006.
Le transport de céréales reste performant par rapport au sucre touché par une production réduite. Le transport des cailloux impacté par une concurrence très vive a perdu la moitié de son volume. Le transport des produits de grande consommation recule de 28 %. Les produits chimiques restent stables. Pour les combustibles et produits sidérurgiques les résultats sont satisfaisants.